Mouvements intérieurs

«empreintes d’une porte battante»

«Quand nous inspirons, l’air pénètre dans le monde intérieur, quand nous expirons, l’air va dans le monde extérieur. Le monde intérieur est illimité et le mode extérieur est illimité aussi. Nous disons ‘monde intérieur’ ou ‘monde extérieur’ mais, en fait, il n’y a qu’un seul monde total et dans ce monde illimité, notre gorge agi comme une porte battante.» Shunryu Suzuki, maître zen

C’est inspirée de la philosophie de la peinture traditionnelle chinoise du paysage «shanshui» (montagne-eau) qui dit que l’on apprend extérieurement de la nature pour gagner intérieurement dans le coeur et munie de ma «porte battante» et de mon carnet de croquis que je pars à la rencontre de la nature enseignante. Grâce au dessin d’observation souvent effectué à l’aveugle (c’est à dire sans chercher de ressemblance et en ne regardant pas mon carnet) je m’imprègne du mouvement et des rythmes de la nature. J’étudie à l’aide de ma plume, la métamorphose des nuages, l’ apparition intrigante de la brume, le rythme effréné de la rivière en cascades, les jeux de lumières dans les sous bois, la présence impériale du ciel et de ses spectacles de couleurs infinis, le soleil sur la montagne, etc.  Abreuvée de ces impressions je poursuis mon travail en atelier avec l’intention première d’exprimer ces mouvements perçus mais également de respecter l’aspect du changement constant de la nature et de l’impermanence de toutes choses. Je ne m’attache ni à l’image ni à la forme mais j’accepte l’évolution, le changement, les métamorphoses et ce jusqu’au dernier souffle du tableau. Ainsi les impressions d’une montagne sont devenues celles du ciel, les rivières sont devenues tempêtes et ainsi de suite. Le détachement nécessaire à cette expérience me permet non seulement d’approfondir mon langage pictural et ma compréhension du geste en peinture, il me permet aussi de me perdre… et de me retrouver un peu plus près du but, celui de la liberté.

Ce vidéo démontre quelques études faites “in situ”.  Merci de votre intérêt pour mon travail,

Caroline